« Lubamba », c’est le nom du dernier disque de l’« Worldwide Sam Mangwana », compagnon de route du Seigneur Rochereau, de Franco et de l’OK Jazz, fondateur de l’orchestre Competition des Maquisards, coqueluche d’Abidjan avec l’African All Stars puis star en Afrique de l’Est… un artiste qui comme Ulysse, a fait de longs voyages, avant de rentrer plein d’utilization et raison, vivre en Angola le reste de son âge. C’est en effet dans le pays d’origine de ses dad and mom qu’il a élu domicile il y a une quinzaine d’années, poursuivant sur place sa carrière au level d’en disparaître des radars européens. Lubamba, déjà paru en Afrique et disponible partout le 5 février, signe son retour en Europe.

Le silence est d’or, la rumba aussi

Le disque tire son nom (en kikongo) d’« une liane qu’on trouve dans les forêts tropicales, qui sert à amarrer les poutres quand on fait les maisons, à faire des paniers…C’est une liane qui sert à tout dans la vie », explique Sam, 75 ans dont près de soixante ans de carrière au compteur. Le nom convient bien à ce disque, succesful de réunir la imaginative and prescient d’un doyen sur l’actualité, et son goût de faire vivre et transmettre l’esprit de la rumba d’antan, dont il est un pilier. « Le fashion rumba de Kinshasa, c’est d’abord un comportement : il faut être du milieu, vivre la tradition du milieu de la rumba pour bien la faire », explique-t-il, déplorant cet oubli chez les jeunes chanteurs, dont le lingala truffé de grossièretés, dixit Sam, kind directement de la rue pour finir sur disque.

Sam Mangwana – Juventude Precise

On ne s’étonnera donc pas qu’il rende hommage à ses aînés, et notamment à Joseph Kabasele, en reprenant son fameux « Félicité », ni qu’il s’entoure de camarades qui, comme lui, ont connu et fait l’âge d’or de la rumba (Utamayi, Nyboma aux chœurs, ou Syran Mbenza à la guitare). Les preparations soignés de cuivres et la richesse des percussions donnent à l’ensemble de chatoyantes couleurs latines au beau milieu desquelles airplane la voix du « Mwana Ndjoku » (le fils de l’éléphant), un autre des surnoms du grand Sam, toujours prêt à livrer ses vues et à offrir ses conseils, comme dans « Juventud Precise » (la jeunesse d’aujourd’hui), une chanson sur laquelle l’avait rejoint en studio le vénérable Manu Dibango, qui avait toujours dit à Sam qu’il mettrait volontiers « un coup de pinceau » sur l’un de ses morceaux.

C’est selected faite ici, sur ce titre qui déplore l’accélération et la sophistication du monde moderne qui en oublie l’essentiel : le temps « où les dad and mom retrouvaient leurs enfants autour de la desk, pour leur transmettre valeurs et savoir-vivre. » La technologie nous fait perdre de vue l’essentiel, rappelle Mangwana : « Web, dit-il, c’est un moyen method : mais c’est de la communication et du enterprise… Il n’y a pas d’éducation. » Or web se nourrit d’pictures : « Pour moi le plus essentiel, c’est le message, pas l’picture. C’est vrai, pour vendre il faut une certaine picture, mais moi je n’ai pas peur de ça : picture ou pas, mes paroles accrochent l’oreille. C’est comme la Bible : Jésus ou Saint Paul n’avaient pas besoin de faire de clip. Je suis peut-être un peu ringard, mais c’est ça ma réalité. » Pour sûr, sa longévité et ce nouveau disque en témoignent, Mangwana est du style « matériau sturdy ». 

© F. Blanquin

Tenir le cap, même par mauvais temps (de Covid)

N’empêche, confronté comme tout le monde à la crise de la Covid, il présentera Lubamba sans public mais sur web, en stream, le 20 février dans le cadre du pageant Au Fil des Voix (à suivre prochainement sur la page facebook de PAM). Rien qui puisse le décourager, bien au contraire. C’est qu’il en a vu d’autres : 

« Quand j’ai commencé avec Rochereau, après les répétitions on chantait dans les bars, et la vie d’un orchestre c’étaient les recettes des entrées. Un jour, deux ou trois mois après mes débuts avec lui, on jouait dans un bar qui s’appelait Le Petit Bois et j’ai dit à Tabu Ley : « Chef, aujourd’hui on a deux tables, pas d’autres shoppers… » Et lui m’avait répondu : « tu verras qu’aujourd’hui on va bien jouer pour convaincre ces gens, et tu verras qu’après deux ou trois semaines les gens vont commencer à venir. » Et c’était vrai, on jouait parfois devant quatre, cinq, ou six personnes mais après deux ou trois mois, le bar était rempli. Alors pour ce live performance, même sans public tu verras que je suis à l’aise parce que j’aurais un message à transmettre, et je pourrais être vu par des tens of millions de personnes de par le monde. C’est presqu’un avantage », philosophe-t-il. Sûr, il est plus facile de traverser les tempêtes si l’on sait qui l’on est, et où l’on va. 

Son dernier album Lubamba, sans avoir besoin de le dire, exprime aussi cela.

PAM vous donne rendez-vous avec Sam Mangwana pour son live performance au Competition Au Fil des Voix le 20 février prochain, et reviendra avec lui sur son parcours aussi lengthy que riche, celui d’un des derniers géants de la rumba congolaise, et un somptueux doyen parmi les musiciens d’Afrique. Un entretien en mode feuilleton, à lire prochainement dans nos colonnes.





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